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# FOCUS SUR AI XIAOMING ET HU JIE
Leurs parcours, leurs ambitions et leurs partis pris cinématographiques donnent à Ai Xiaoming et Hu Jie une place à part dans le monde du documentaire chinois.
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Ai Xiaoming
Trois films d’Ai Xiaoming, représentatifs de son travail de reconstruction de l’information et de sa participation au « mouvement de défense des droits » sont présentés ici. Ils abordent respectivement la question des élections villageoises et du scandale du sang contaminé dans le Hebei et le Henan.
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Hu Jie
Dans cette sélection apparaissent les deux films « historiques » de Hu Jie, qui traitent l’un, de la condition des intellectuels pendant le maoïsme ; et l’autre, des victimes de la Révolution culturelle.
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Ai Xiaoming est une universitaire reconnue, spécialiste de littérature et de Gender studies qui enseigne à l’Université Sun Yat-Sen de Canton; Hu Jie, un ancien journaliste, peintre de formation. En 1995, Hu Jie commence à filmer la communauté d’artistes de Yuanmingyuan, pour garder trace de la vie de vagabond que mène l’avant garde de cette époque dans la banlieue de Pékin. Il réalise par la suite une dizaine de films qui traitent pour la plupart des conditions de vie à la campagne, dans un style cinéma direct.
Hu Jie et Ai Xiaoming lient connaissance en 2004, alors que cette dernière se met à réaliser des documentaires qui reflètent son intérêt pour les questions juridiques et le féminisme. Son premier film, White Ribbon, traite des discriminations et violences envers les femmes qui existent au sein de son campus. 2004 est aussi une année déterminante pour Hu Jie, qui effectue avec le film In Search of Lin Zhao’s soul, un tournant stylistique et thématique majeur. En décidant d’aborder l’Histoire à travers le documentaire, il met à l’oeuvre des méthodes d’investigation dont la rigueur est voisine de celle qui caractérise la démarche d’Ai Xiaoming. En 2005, ils travaillent ensemble sur un film d’Ai Xiaoming qui surprend par son audace et sa violence : Taishicun. Ce film, par lequel Ai Xiaoming franchit cinématographiquement l’enceinte de l’université, rapporte le conflit qui oppose paysans et administration locale autour du problème de la propriété foncière.
Pour Ai Xiaoming, si le cinéma est un art, il est aussi un vecteur d’action et de réflexion, un moyen d’analyser les événements de l’actualité et de diffuser des informations qui complètent celles des médias. Lorsqu’il se met au service des individus filmés, épousant leur cause et leur donnant un espace d’expression, le cinéma devient, pour elle, une façon d’agir au sein de l’espace public. Cette conception du cinéma est largement partagée par Hu Jie qui l’applique, à sa manière, à des sujets historiques, afin de réécrire en image certains passages de l’Histoire de la Chine contemporaine.
Depuis 2004, ils travaillent donc ensemble sur de nombreux films, échangeant les fonctions de monteur et de caméraman notamment sur les documentaires dirigés par Ai Xiaoming.
En parallèle, s’élaborent donc deux filmographies distinctes, unies par une démarche similaire, mais qui portent sur des temporalités différentes : le passé pour Hu Jie et l’actualité pour Ai Xiaoming. Nous vous proposons, dans ce Focus, une sélection de leur filmographie en cinq films.
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